|
|
November 07 La bougie fond. Elle fond comme elle pleure, ses larmes coulant le long de son visage, qui peu à peu se déforme lamentablement. La bougie souffre-t-elle quand celle pour qui elle se donne illumine son corps ? La bougie fond. Elle fond comme elle meurt, sa cire disparaissant le long de sa mèche, qui peu à peu se consume inlassablement.
La bougie pense-t-elle quand celle pour qui elle existe lui vole son âme ? La bougie fond. Elle fond comme elle saigne, son liquide chaud noyant la lumière, qui peu à peu s’estompe sournoisement. La bougie sourit-elle quand celle pour qui elle fut mise au monde s’étouffe définitivement ? La bougie a fondu, le charme est rompu...
Sixtine et les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital au domicile November 02 J'ai toujours eu un faible pour les métiers en uniforme, je ne sais pas un fantasme sans doute, du coup fraîchement sortie des humanités, ai commencé des études d'infirmières...Ah le fantasme de l'infirmière !... J'arrivais dans la chambre avec mes petites piqures, mes petites pilules et mes petits suppos... Infirmière quoi de plus beau. Allez laissez vous tenter, bercée par les odeurs de désinfectant, de biles et de...caca... Bien oui faut appeler un chat, un chat !… On arrive, en première année pleine d'illusions, l'image de l'infirmière qui atténue les souffrances, qui veille au chevet du patient...mais très vite on retombe de haut. La première année vous la passerez à changer les patients. C'est toujours quand vous arrivez dans le service qu'on vous dit qu'une épidémie de gastroentérite fulgurante fait rage !, à laver les pannes... Mais ceci dit infirmière reste un super métier !
Puis faut bien avouer que les hommes aiment bien le mythe de l'infirmière. Moi j'ai eu une carrière fulgurante... Ben oui. Ils ont remarqué que le taux de mortalité avait dangereusement augmenté chez les hommes depuis mon arrivée dans le service... Ah là là que voulez vous ! c'est pas de ma faute moi si leurs petits cœurs lâchaient face à la vue de ma petite tenue et de mon sex appeal - oui encore une fois il fait très chaud dans les hôpitaux - puis il faut bien un uniforme où l'on soit à l'aise dans ses mouvements... d'où une tenue minimum... pour le bien être des patients bien sûr !…et de l’infirmière Faut-il vous raconter une prochaine fois l'épisode...ou Dr Green m'a sauvagement culbutée sur son bureau ? Qui a dit que le métier d’infirmière n’est pas un sacerdoce.
Marylou toujours prête pour faire rire ses patients October 20 Le temps glisse et passe sur moi, s'il ne laissait pas de trace, quelle angoisse. Chaque ride, ridule, rigole, est la marque de cette vie qui passe sans lasse, qui plisse ma peau, rien ne s'efface. Je ne porte pas de masque côté pile, côté face. Des places de larmes, désarmes mes joies, mes émois se lisent à mon visage, vises mon âge mon ange. Je grise ma vie d'ivresse, la liesse me lie aux pages pays pas sage, je passe, désolée si je dérange. Des griffes à belles dents, je mords dedans avant la mort, la belle au bois dormant sort de ses langes.
Le temps crisse et glace vos miroirs, s'il laissait la plaie saignante, quelle poisse. Je m'écorche à ses roches et lèche mon palais, cherche à mes poches la grâce du petit poucet Poussée par l'aventure, je m'envole au vent, lézarde les murs, hasarde ma vie, me dépasser. Des passes de bal, danse la valse, mon tempo, à lisière d'o, aux rivières des fièvres enlacées. Furie des passions rieuses, sensation dévoreuse d'envie, peureuse, heureuse, pulsion d'éclat Donne de ma voix pour toi, sans loi au loin ma joie, jouir d'élire mon roi, frissonnent tes pas.
Ah, l'or c'est le rire qui défie la mort, des fils amant, défile la vie, file le temps mais pas sans moi.
Lucie qui ne compte plus les ans depuis longtemps October 19 Un bus, rien de plus. Je ne suis qu'un bus de la ligne Picpus. Coiffé de ma destination, je porte le numéro zéro car je roule dans l'imagination de personnes essayant de chanter ma vie. Que dire d'un bus de la ligne Picpus? Pas facile de me repérer avec mon numéro zéro car la société des transports n'a pas prévu d'arrêt à mon intention. Plus on me cherche, moins on me trouve! Je connais une fille qui tomba endormie le stylo à la main, avant même d'avoir pu m'imaginer en mots. Un bus, on le voit mais en parler, c'est autre chose. C'est pourquoi moi, le bus de la ligne Picpus, j'ai décidé de hanter les pensées d’Audrey. Toute la nuit. Rigolo, macho, au petit trot, j'ai sillonné ses neurones et elle a eu beaucoup de mal à s'endormir. Cependant, une fois couchée sur papier, dans quelques instants (si Audrey tient le coup !) mon âme rentrera au dépôt. Mon dépôt à moi, le bus numéro zéro. Quant à vous qui lisez ce blog, ce texte et ce post qui m'est dédié, quand vous monterez dans un bus de la Tcl ou autre compagnie, qui que vous soyez, pensez à moi: votre trajet en sera plus court...
Audrey qui pense à vous October 15 Depuis ce matin, les cinq doigts de la main droite sont en dispute avec ceux de la main gauche : le pouce et l'index droits n'ayant rien trouvé de mieux pour s'amuser que de s'unir pour chiquenauder le pouce gauche qui, un peu maladroit, avait raté la page 25 du magazine à feuilleter. Cela n'aurait eu aucune conséquence si ce dernier ne venait pas de se couvrir d'un superbe verni laqué. La secousse propulsa le pouce sur l'index qui ricocha sur le majeur qui à son tour s'effondra sur l'annulaire qui, en réaction, s'accrocha sur le l'auriculaire furieux, car pas encore sec non plus. Quelle pagaille ! Et ce n'est pas tout... Pour tenter de garder bonne figure, les doigts de la main gauche se raidirent à l’unisson ce qui provoqua une crampe générale. Ensuite, le coup parti. Sous l'effet de la crampe, les doigts se recroquevillèrent, tous pour un, un pour tous et l'uppercut du gauche vint atteindre la main droite qui, entre temps, avait saisit le pot de verni afin de réparer les dégâts. Celui-ci vola en l'air et l'air de rien se renversa sur le dos de la main gauche pas encore remise de ses émotions. Ce fut le coup de trop... Les dix doigts se mirent alors à gigoter dans tous les sens, chacun voulant défendre la main à laquelle il appartenait. Une vraie pagaille, en effet et la bataille terminée, ils durent se rendre à l'évidence : ils ne faisaient plus partie du même monde. Mais comment faire pour ne pas se rencontrer quand, à chaque instant de vie, ensemble vous devez travailler ? Mes doigts sont mécontents… Point de solution, allons chercher nos moufles !
Joëlle et les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital October 14 Un grand jardin, une belle pelouse, un potager, une allée centrale et un bac à sable, voilà le petit monde de Dimitri. Pas de cabane ni d'arbre à escalader. Ce jour-là, la chaleur était torride et, à côté du bac à sable, avait pris place une énorme piscine gonflable. L'eau y était tiède et cela faisait un long moment que Dimitri s'y débattait. Moi, je suis le nounours de Dimitri, je m'appelle Bouzou. En compagnie des autres jouets de la chambre, calé entre poupées et diverses peluches, derrière les carreaux, je somnolais, épuisé par le soleil tapant. Je n'avais pas le droit comme le seau, la pelle, les formes, le vélo et les patins à sortir par un si bel après-midi.
Tout à coup, un vacarme épouvantable me fit sortir de ma torpeur et j'aperçus Dimitri, plein d'énergie, une énorme caisse en carton entre les jambes. Il y jetait pêle-mêle poupées et pantins. J'étais de ceux-là ! Je fus donc précipité au fond de la caisse. Gémissant sous l'effort et trépignant sous la colère, Dimitri ne parvint pas à la soulever, tant il l'avait remplie. Alors, il eut cette idée de génie : nous lancer par la fenêtre, jusque dans le bac à sable où, après une chute quelque peu amortie, nous restions les yeux exorbités. Pour nous remettre de nos émotions, Dimitri nous assit côte à côte, face à lui. Il hurla : - Leçon de calculs ! - 1+1=, Véronique ? - Zéro, vous n'avez rien compris ! - Et, vous Cédric?... - Bien, vous êtes en progrès. - Ah, Bouzou... L'horreur se dessina sur mon visage, que la multiplication rendit plus horrible encore. D'opération en opération, ce fut enfin la récréation. - Vous pouvez jouer dans le bac à sable mais pas plus de 15 minutes. Coup de sifflet puis, un nouveau hurlement : - Leçon de natation ! J'étais pétrifié, les poils encore couverts de sable car je ne sais pas nager. - D'abord les plus courageux. Personne ? Très bien, je désigne. Instantanément, j'avais fermé les yeux, tant j'étais certain qu'il allait me choisir. - Vous!... Sabine, vous êtes devenue sourde ? Il l'empoigna, lui mit les pieds dans l'eau puis, la tête et enfin l'y coucha toute entière. Ce fut ensuite le tour de tout le monde, sauf moi et deux autres chanceux. - On ne peut quand même pas mélanger les filles et les garçons, ricana-t-il avant d'ajouter, triomphant : - A vous, les garçons... leçon de plongeon. Pam, le singe, fit un plat résonnant. Il parvint à s'accrocher au bord, de sa queue mobile et sortit d'un bond. Léo, le lapin, se redressa rapidement sur ses pattes et, remuant les oreilles, sembla se remettre assez facilement du raz-de-marée qu'il avait provoqué. Vint mon tour. Je tremblais. Dimitri me retourna. Vit-il mon désarroi ? A la place d'un choc violent, je sentis monter l'eau doucement jusqu'à ma taille. Finalement, ce n'était si désagréable. Je fus rassuré. Soudain, les mains de Dimitri me quittèrent et je m'aplatis sur le fond bleu de la piscine dont le plastique m'enveloppa. Un bruit de bulles, des vagues, des tourbillons, une lourdeur à l'estomac, un flou devant les yeux, une panique indescriptible, un cri et je fus sur l'herbe chaude du jardin. Misérable, je dégoulinais, que la leçon de français commençait. Inattentif, survivant d'une abominable aventure, rêvant de mon étagère, je me surpris à penser qu'un petit bonhomme de 5 ans pouvait, vraiment, faire peur à des jouets sans âge.
Joëlle et les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital au domicile October 12 Connais-tu l'histoire de la limace et de l'escargot ?... Eh bien l'escargot, tout penaud de sa mésaventure, se dit que, peut-être, de temps en temps, mais pas trop souvent, il pourrait aider un peu les autres. Voilà-t-il pas qu'il rencontre, dans sa lente pérégrination, une humble limace. Oubliant alors toutes ses résolutions, il la toise en disant :
- Eh bien ma chère, toujours SDF ! ...
- Vous pourriez, supplie la limace, m'accueillir dans votre maison....
- Vous n'y songez pas, s'offusque l'escargot, d’abord ce n'est pas une maison mais un château !
La limace s'en retourne, baissant la tête. Puis, tout à coup, voici l'orage, la tempête ... patatras ! Une branche d'arbre a brisé la coquille de l'escargot. Le voyant ainsi démuni, la limace, n'écoutant que son bon cœur, lui proposa un abri ... juste un petit coin de terre perdu ... sous une craquante feuille de laitue ...
Robinson et ses fabuleuses histoires
October 02 Dans une demeure, il y a fort longtemps vécut une jeune fille : Emilie. Cette jeune fille mourut dans cette maison. Mais n’ayant pas réalisé son œuvre, elle fut condamnée à errer dans les murs de sa maison. La maison fut mise en vente et racheter par une famille avec un enfant. Emilie qui n’aimait pas être dérangée commença par déplacer les objets dans la maison. Tout le monde prit peur sauf Valentine qui croyait aux fantômes. Elle entama une recherche sur l’occupante des lieux. Un jour Valentine rentra en contact avec Emilie. Et depuis ce jour les objets cessèrent de se déplacer. Valentine aida Emilie à finir son œuvre qui était de trouver le bonheur et être heureuse. Ce fut le cas en apprenant à connaître Valentine. Son bonheur tenait à peu de chose. Emilie partit alors rejoindre les siens dans un autre lieu. Il ne faut pas s’arrêter aux apparences mais connaître les personnes et apprendre d’eux.
Isabelle celle qui n’a pas peur des fantômes September 28 Un se balade dans le parc, il s'ennuie car il est seul. Deux se promène au bord de l'eau, il aperçoit son reflet et se déprime de se trouver gros. Un croise deux et ensemble ils décident de suivre le chemin : dorénavant, ils seront trois ! - Mais ils ne peuvent être trois à eux c'est bien malheureux... - Bien sûr que si : un + deux ne font-ils pas trois ? Vous n’avez rien comprise aux mathématiques ? Mais passez une bonne nuit ! Ci-après la suite de la leçon… Trois est donc sur la route, ne sachant pas trop bien s'il est lui ou eux. Très vite, cela agace deux qui décide de s'arrêter. - Quoi, rouspète un, tu ne vas quand même pas nous abandonner ? Sans un mot, deux baisse la tête se retire tristement de la balade. Trois moins deux font donc un et c'est seul que ce dernier poursuit la promenade.
Bonne journée !
Joëlle et les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital au domicile September 23 Toutes les couleurs ont leurs raisons, même si l’on pense qu’elles sont choisies par hasard. Le blanc signifie pureté et intégrité Le noir intimide Le rouge choque et paralyse (avez-vous remarqué que les prix sont toujours en rouge) Le jaune attire l’attention (c’est pourquoi tous les prix sont affichés sous un fond jaune et chiffre rouge) Le vert, tout paraît tranquille, on peut continuer Le bleu calme L’orange trouble
Bernie et les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital September 22 Une grande partie de votre journée consiste à appuyer sur un bouton : machine à café, interrupteur, gazinière, cuisinière, four, ordinateur, imprimante, téléphone, téléviseur, distributeur, digicodes, ou bien tourner une clef, etc.
Après cela vous comprendrez facilement combien l’on peut être fatigué.
Bernie qui s’interroge beaucoup actuellement September 17 Tout petit le radis. Tout penaud l’artichaut. Dans un plat à hors-d’œuvre, le premier dragua le second. Imaginez un radis promettant le paradis à un artichaut encore chaud !
Et l’artichaut de prendre cela de haut : pour qui ce radis pas cuit se prend-t-il donc ? Le radis se vautra dès lors dans le sel, tandis que l’artichaut s’endormit dans la vinaigrette. Tout petit le radis salé. Tout penaud l’artichaut vinaigré. Une bouche gourmande les engloutit soudain, sans même leur laisser le choix.
Sixtine et les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital au domicile September 14 Déjà 6 jours que nous sommes partis…vous nous avez beaucoup manqué…mais sachez que nous ne vous avons jamais oublié… La région Ardècho-gardoise exerce une fascination bien justifiée sur les régions moins privilégiées, et chaque année les Français, et aussi bon nombre d’étrangers viennent nombreux y trouver les joies d’une existence plus « nature » ensoleillée. Le paysage nouveau, pour nos yeux, apparaissait merveilleux. Le soleil brûlait la végétation et le mistral soufflait plus violent que partout ailleurs ; mais il y avait des couleurs de soleil incomparable dans les immensités extraordinaires, dans l’infini du ciel dans lequel tous les oiseaux survolent librement cette « savane » sur laquelle les chevaux et les taureaux vivent paisiblement en liberté. Sous le ciel immobile, la silhouette aiguë des pins. Plus loin, au pied d’un muret de pierres sèches, la tache d’or d’un genet sur le bleu de l’azur, et tout droit au-delà des terres rouges et jaunes, les cimes des arbres rabougris se détachant sur un ciel bleu.
Vroum ! Vroum ! Fait le moteur de la voiture sur le trajet de retour Clac fait la serrure de la porte en s’ouvrant Clic fait la valise en se déverrouillant. Clic-clac font nos pensées en reprenant leur place Nous vous laissons deviner la joyeuse musique que fait l’ordinateur en s’allumant. Et le clavier il fait quel bruit lorsqu’il « dérouille » ses muscles laissés au repos depuis quelques jours ? Comme, en notre absence, vous n’avez pas cessé d’écrire des billets, des commentaires, nous avons de la lecture en retard…
Bernie qui a écourté son séjour et qui ne sera pas trop présent cette semaine et semaine prochaine, car la vie (du moins ce reste à vivre pour certains), nous le rappelle chaque jour. September 07 Une boule un peu maboule, sur la route, en déroute. Une punaise un peu niaise, bien au milieu, l’air sérieux. La punaise lève un œil. La boule rentre la tête. Devinez ce qui arrive… Un vélo, un peu sot, vers la boule se dirige. Un chaton, un peu rond, sur la punaise fonce. Le vélo évite la boule. Le chaton enjambe la punaise. Et alors ? Des mots ! Rien que des mots qui vont, et puis s’en vont.
Beaucoup de personnes ont fait leur rentrée : scolaire pour les uns, travail pour les autres. Aussi, nous allons en profiter pour prendre quelques jours et occuper la place vacante. Non ! nous ne vous abandonnons pas, nous reviendrons avec pleins de souvenirs, de choses à raconter et ou à vous montrer. Dimanche prochain, nous serons là ou plus tôt si la météo est capricieuse. Bisous à tous
P.S. : en attendant, pouvez-vous trouver où nous allons nous cacher ?...quelques indices nos photos
Bernie qui, pour lui, sa rentrée est programmée pour le 21 septembre. September 03 « Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? » Nombre de grands-parents ont dû faire face à cette question qui hante leurs nuits pré-estivales. Les villas des grands-parents se remplissent quand les écoles se vident. Fin juin, les plus jeunes enfants arrivent, chassés de leurs classes pour cause de bac, accompagnés, le temps d’un week-end de parents, ravis de les laisser sous bonne garde. Après les examens, admis ou recalés, les plus grands viendront les rejoindre. Puis suivra ce mois de juillet quand les couverts et les matelas varieront de 5 à 25 selon la taille des villas. Au mois d’août, mouvement croisés : quand certains ménages viendront s’installer pour trois semaines et d’autres reprendre leur progéniture pour des vacances plus « exotiques ». Au passage, ceux-là laisseront à la villa familiale, leur chien, leur chat ou leurs cochons d’indes avec sacs de nourritures encombrants et mode d’emploi. Et, à leur retour, quand ils reprendront leurs animaux, ce sera aussi l’occasion de laisser à nouveau les enfants une semaine chez les grands-parents, pour que les gamins récupèrent avant la nouvelle rentrée scolaire. Les grands-mères : Ce sont des modèles de patience, d’imagination, et d’organisation. Elles alternent confidences et jeux, plage et forêts, lessive et gestion du frigo, goûters et couchers. Et si la plupart des enfants apprécient leurs flans géants, ou leurs « vraies purées », la suprême récompense restera d’aller au Mac Do, à vélo bien sûr ! Les grands-pères : Il y en a de toutes sortes : le patriarche qui règle la maison comme une entreprise ; le moniteur, qui encourage et participe parfois aux divers exploits sportifs ; l’éducateur qui préside les devoirs de vacances ou essaye d’imposer l’anglais à table ; le chauffeur qui fait les courses, mais avec un seul enfant à la fois. On trouve encore le lâcheur, qui se réfugiera en permanence derrière son journal en attendant des jours meilleurs, et le râleur qui n’aime pas qu’on se vautre dans son fauteuil préféré ou qu’on touche à son ordinateur. Mais tous ont en commun deux sujets qui fâchent. Les vélos : Des vélos, René en a quatorze dans son garage. Avec les années, il est devenu un brillant mécanicien. Ses treize petits-enfants sont lillois ou parisiens. Dès leur arrivée, ils retrouvent avec ardeur un vélo qu’ils ne pratiquent pas en ville : quelle joie que de sauter les trottoirs ou de déraper dans les cailloux. Pneus crevés, roues tordues, clefs de cadenas perdues, guidons faussés.… Les appels au secours du grand-père sont permanents !… Les ados : Comment est-il possible que cette adorable Charlotte de 13 ans, si ravie il y a quelques mois de faire confiture et gâteaux avec sa grand-mère, soit devenue cette adolescente grognon, éternelle fatiguée, qui ne consentira à chercher le pain qu’après avoir changé au moins cinq fois de tenue. Et qui, vautrée sur son lit jamais fait, échangera des SMS avec un portable devenu le nombril du monde ! Et ce gentil Stéphane, lecteur acharné et champion de skate l’été dernier, pour qui tous les sports proposés sont devenus « nuls » : impossible à présent de le sortir du lit. Il n’a jamais assez faim pour venir à table, mais pille le frigo en continu. La simple suggestion d’un livre le fait à présent frissonner d’horreur ! Scènes de ménages à voix basse entre une grand-mère qui temporise et un grand-père qui s’exaspère. Début septembre, après le grand départ, il invitera sa femme sur les rotules au restaurant, tout à la joie d’être redevenu le centre de son attention. Et au dessert, ils s’accorderont sur les évolutions à appliquer, sans faille, lors du prochain débarquement scolaire du 24 octobre – début des vacances de la Toussaint - , en attendant celui du 19 décembre – début des festivités de fin d’année -
La saga des grands-parents, le choc des générations.
Béatrice qui s’en va profiter de l’arrière saison et se refaire une santé avant les prochaines vacances scolaires August 28 Le doute, inlassablement tel une goutte, remplit son cœur d’amertume. Un impitoyable goutte à goutte plongeant son esprit dans la brume, qui envahit soudain sa route et entraîne sa déroute. Il cherche en vain son chemin, tandis que certains ricanent de sa détresse à se perdre. Ils n’ont pas peur du lendemain, ces gredins mais lui, il cède à la panique. Irraisonnablement, il déserte craintif. Il lâche la voie du bonheur au profit d’un demi-tour aux pas indécis. Il fuit le doute puis, il se met à courir, il se sauve dos au doute, afin de protéger sa vie. Sa vie de déroute aux accents de doute
Joëlle et les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital au domicile August 22 Elle s'est allongée nue à ses côtés. Tout près, très près, trop près. Il s'est approché d'elle et l'a caressée de ses lèvres amoureuses. Effleurement doux puis de plus en plus fort. Elle s'est laissée bercer par ses baisers puis emporter en victime consentante, de tant de bonté. Elle a glissé en son sein. Progression lente puis de plus en plus rapide. Elle s'est laissée engloutir par son étreinte et s'est donnée à lui pour l'éternité. Entre ciel et terre, elle avait senti sur sa peau chaude et bronzée le désir qu'il avait de l'emmener. Elle était restée immobile à regarder ses vagues taquiner sa chair encore jeune, l'écume l'entourer sans jamais la recouvrir, le courant devenir plus puissant et puis le calme retrouvé. Paisible entre deux eaux, elle avait regardé le fond, un autre monde dont elle était dés
Elle avait choisi l'océan parce que la terre l'avait déçue. La vie qu'elle y découvrait valait bien la mort qu'elle redoutait. Elle se laissa glisser, glisser, glisser. La caresse des courants l'accompagnait dans sa gracieuse descente. Sa chevelure épaisse s'éparpillait au-dessus d'elle, tandis que de petites bulles virevoltaient à ses côtés. Elles donnaient à cette scène des allures de ballet céleste que quelques poissons curieux venaient perturber de leur présence aquatique. Une méduse s'approcha d'un peu trop près et d'un mouvement de main, la jeune femme la poussa sur le côté. Ses pieds touchèrent un rocher, sa poitrine s'enfonça dans le sable moelleux, elle se retourna sur le dos, elle contempla le décor qu'elle avait choisi et ferma les yeux de bonheur sur le fond de l’océan Là, il n’y a plus rien d’important, car c’est le temps des vacances, des romances…., le temps des « partances » Et dans quelques jours ce sera la rentrée pour quelques-uns, quelques-unes, et une semaine de répit pour d’autres avant la principale rentrée pour tous…
Joëlle et les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital au domicile qui vous souhaitent un bon retour parmi nous.
August 20 Une paire de lunettes abandonnée sur une table de café. Un journal ouvert sur un banc du parc public, effeuillant au vent ses derniers articles. Un trousseau de clefs figé dans la serrure d’une porte fermée, une pièce de dix centimes au fond d’une poche, un mouchoir au creux d’un fauteuil, un enfant à la grille d’une école, un être cher seul dans un cimetière sans âge. Tous ces objets oubliés, tous ces êtres négligés ont le point commun d’avoir compté pour nous, un moment, un jour, une saison, toute une vie. Ne laissons pas le vide s’emparer de ces choses et de ces personnes, restons vigilants de toujours les avoir au fond de soi. Les lunettes sur le nez, le journal sous le bras, les clefs à la ceinture, les dix centimes dans le porte-monnaie, l’enfant par la main et le défunt dans notre cœur, traversons la rue et rentrons chez nous, l’esprit tranquille…
Joëlle et les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital au domicile qui ne peuvent oublier
August 17 Donne-moi ta main et je te dirai qui tu es. Main de velours, main coquine, main râpeuse, main voleuse. Une main dodue aux fossettes enfantines qui cherche sa tétine, tandis qu'une petite main sale à l'index taché d'encre tourne les pages d'un cahier neuf. Les doigts s'affinent, la paume s'élargit. Les premières caresses, les premiers gestes fous. La main prend vigueur et saisit le râteau tandis que, rebelle, elle fixe le drapeau. Une gifle perdue, un secourable soutien, un maintien solide, un coup meurtrier. Elle construit une existence puis, une maison. Elle est tuteur d'une vie puis, elle se replie. Elle devient sinueuse des chemins parcourus, des larmes essuyées et des douceurs apportées. Elle devient noueuse des embûches rencontrées, des outils soulevés et des blessures endurées. Le temps y loge son empreinte en taches brunes, sillons profonds et peau plissée. De plus en plus souvent froide, elle cherche le confort et le réconfort. Elle n'ose plus et voudrait tant encore. Elle hésite et tremble devant le biscuit devenu trop fin, la tasse trop remplie, la main potelée qui l'évite ou la main ferme qui l'empoigne. Et puis, elle se referme paisible retrouvant sa symétrie pour l'éternité, tandis que d'autres la saluent de côté.
Joëlle et les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital au domicile August 13 Une mouche, peu farouche, louche ma tartine. Sa compagne, pleine de hargne, en un piqué volontaire tente de s'y poser. Une troisième, téméraire, bourdonne à mon oreille, histoire de me distraire tandis que j'aperçois, juste à temps, une quatrième en phase d'atterrissage auquel elle renonce, en accélération de dernière chance, sous mon regard agacé et ma main courroucée. L'escadron étant dispersé, je peux attaquer mon goûter !
Au moment de plonger mes dents voraces dans ma toute fraîche compote d'abricots, je distingue en gros plan, dissimulée derrière un abricot resté entier, deux énormes yeux qui me fixent, un corps noir qui se trémousse de plaisir dans la mixture sucrée et deux ailes en soubresauts qui semblent me narguer. J'arrête tout mouvement. Elle ne bouge plus. Nous nous dévisageons longuement, yeux dans les yeux, nez contre nez presque et, c'est là que le miracle se produit : je lui laisse ma tartine. Les mouches auraient-elles un pouvoir de séduction ?
Joëlle qui part en guerre contre mouches et moustiques
|